Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 12:13

Exceptionnel à Joinville le Pont

 

Le 27 Mai 2011 à 21 H 30

 

Au RENDEZ-VOUS GOURMAND

 

7 Allée R. NEGRE

 

TEL : 01 48 83 39 43

 

Marie LPOES

 

Dans un spectacle de Fernando PESSOA

 

PASSAGE des HEURES

 

VENEZ  DECOURVRIR et OUIR

 

MARIE LOPES

 

Dans ce spectacle époustouflant, décapant et truculant

 

Théâtre d'OR

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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 15:18

C'était ces jours-ci à La Courneuve.  Pour l'inauguration de la sculpture en hommage à monsieur S. P. Thamilselvan, petit divergence de pensées avec les gouvernements concernés. Cet hommage lui à été rendu par le Sens de l'Art  et l'association Franco-Tamouls.

 

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Le buste qui a été réalisé par une artiste de La courneuve en hommage à l'anniversaire de sa disparition, cet homme qui avait des paroles de paix a été tué le 2 novembre 2009_MG_1057.JPG

La communauté Tamoule de La Courneuve a rendu hommage par sa participation à cette cérémonie et aussi par les pétales de fleurs déposées sur le buste.

 

La cérémonie a été ponctuée par des danses et musiques Tamoul._MG_0874.JPG

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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 00:15

C'était un dimanche, La jeune fille était à l'honneur, un cortège d'honneur attendait la jeune fille.

L'encens,et les flammes brûlaient pour souhaiter la bienvenue à la jeune fille.

 

 

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Elle était attendue la jeune fille pour la cérémoie qui allait la faire venir dans le clan des femmes.

 

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Elle vient d'arriver avec son père, sous son voile de jeune fille.

 

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Les mains tendues pour lui souhaiter la bienvenue , et aussi peut- être pour ces jeunes filles être à sa place.

C'était jour de fête pour la jeune fille et les couleurs étaient aussi de la partie.07.jpg

L'entrée dans la salle pour la jeune fille , la joie des intivés  d'acueillir la jeune fille à l'honneur.08.jpg

accompagnée par ses deux demoiselles d'honneur et les parents de la jeune fille à l'honneur.

 

 

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 Et maintemnant, nous allons rentrer dans la cérémonie avec tous les rituels, les offrantes, les  femmes vont passer devant la jeune fille à l'honneur et lui souhaiter bonheur, prospérité et fécondité.

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La flamme sera posée devant la jeune fille à l'honneur

 

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 Les femmes passent devant la jeune fille à l'honneur avec des plats et les mots d'usage pendant une partie de la cérémonie.

 

 Découvrons les tenues de ces femmes. C'est une explosion de couleurs et la coiffure est une oeuvre d'art avec les bijoux et les fleurs incérés dans les cheveux.

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Détail d'une coiffure.11.jpg

 

Ou celle-ci avec ses fleurs

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Les invités sont aussi à l'honneur, dans leur tenue de fête ou de tradition.

 

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La penseuse à la rose !

 

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Et ces trois jeunes invités, les costumes n'ont aucn lien avec une région précise.

 

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Et notre très jeune danseuse !

 

 

 

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Détail, la finesse de ce décor, le travail qu'il a demandé pour être mis en place.

 

 

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Après le passage des femmes, la jeune fille à l'honneur va allumer l'étincelle de vie.

 

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Après le passage des femmes, c'est le tour des hommes de la famille.  Après cet échange de mains sur la tête, nous passons aux cadeaux ce jour-là, la jeune fille à l'honneur reçoit de tous les invités un cadeau. 

 

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Je remercie cette personne pour m'avoir permis d'assister à cette cérémonie

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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 18:51

A travers ces photos, parler de ces femmes qui sont passées de l'autre côté de la barrière, celles qui ont " terminé leur vie professionnelle " Elles ont bien voulu poser devant l'objectif avec simplicitéIMG 2192. Cette première photo ; c'est Eloïse que j'ai rencontrée dans 

l'association qui fait un travail sur la mémoire ouvrière et l'histoire des quartiers de ces villes. L'exposition se déroulera dans la Galerie Le Sens de  l'Art à La Courneuve 50 avenue Gabriel Péri du 05 Novembre au 21 Novembre 2010. _MG_9342.jpg Et aussi de faire découvrir la personnalité de ces personnes à travers ces portraits. Lucie qui a été cormmercial sédentaire et tous les jeudi va dans un club pour faire sa partie de Tarot.

 

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Où Yvette qui auprès de ses petites-filles fait la transmission de son vécu, de son histoire, des anecdotes heureuses ou un peu tristes.

Après la vie professionnelle une autre vie riche de création artistique ou culturelle. Cette dame Fernande qui par sa profession était dans la création,elle était professeur de couture, elle voyageait dansles villes et villages de l'Algérie pour apprendre aux jeunes femmes à se faire des robes et autres vétements. En général elle restait dans l'école un mois ou deux. Fernande faisait de nouveau ses bagages et partait pour une autre école dans le pays de l'Emir Abdelkader.

 

dame-et-bouquet-de-fleurs-tableau.jpgUn aperçu de cette future

expo. Merci à toutes ces femmes

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /Juil /2010 13:02

 

 

 

 

 

 

 

 

  Il ne nous reste plus beaucoup de choix, à nous de décider si nous voulons être des esclaves ou des êtres libres.

Organiser la dépendance

Caleb IRRI
Il n’y a pas à dire, les choses bougent vite au royaume de France. Les députés ont du travail, et on ne peut plus dire qu’ils ne méritent pas leurs émoluments ! Bon, il est vrai qu’une petite moitié ne sert à rien d’autre que de paravent démocratique, mais le reste fait du beau boulot : ils votent tout ce que leur demande le roi.   Mais trêve de plaisanterie, nous avons quand même changé de régime sans nous en apercevoir !

Et ce régime, comme tout régime autoritaire qui se respecte, doit se voir affublé d’une cour servile, du pouvoir sur la justice, sur les médias, sur l’économie, et surtout sur son peuple. Avoir le pouvoir, cela signifie avoir le contrôle sur la masse des individus, une sorte de lien invisible qu’il conviendrait d’appeler « dépendance ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à travers la paupérisation et le conditionnement (physique et psychologique) continus de la population, le gouvernement entraîne petit à petit ce dernier sur la voie de sa dépendance envers l’Etat, et ce par l’intermédiaire des moyens qui vont suivre.

Parmi les techniques employées par les têtes pensantes de notre belle monarchie, il y a bien sûr l’alliance sans cesse plus solide entre le public et le privé, c’est à dire entre l’Etat et les grands patrons. Cette alliance, appelée « partenariat économique », permet à l’Etat de se séparer tout doucement du contrôle des services publics à travers la privatisation de certaines entreprises, engrangeant ainsi monnaies sonnantes et trébuchantes, tout en gardant sur ces dernières une participation suffisante au maintien de son poids décisionnaire, et par cet intermédiaire également le contrôle et la surveillance des individus. En échange, les entreprises privées concernées par le rachat de ces services se mettent en situation quasi monopolistique, ou au moins oligopolistique. La concurrence faussée qui résulte de leur position dominante et aidés par une législation qui arrange aussi bien les intérêts de l’Etat que les ceux des autres actionnaires, cette alliance les satisfait tous deux pleinement.

Même avec les allocations familiales qui vont baisser, les remboursements de la sécurité sociale qui seront peu à peu remplacés par la hausse des assurances privées, l’allongement de la retraite qui va faire augmenter les tarifs des assurances-vie, la montée du chômage qui va faire baisser les indemnisations… l’Etat continuera de ficher, classer, radier, contraindre son peuple en l’obligeant à toujours plus de démarches administratives, toujours plus de justifications, toujours plus de surveillance.

De plus, par son action en faveur des puissants, le gouvernement entraîne peu à peu la population vers la misère, ce qui la pousse à rechercher le soutien et la protection de l’Etat, qui en retour en profitera pour étendre son pouvoir. L’idéal d’un régime autoritaire étant un peuple juste assez misérable pour être dépendant, et pas assez pour se révolter, il est fort probable que la crise actuelle ne soit que le moyen le plus sûr d’étendre la dépendance du peuple envers le pouvoir. Que ce soit par l’intermédiaire de la santé, des aides sociales ou des transports publics, le fait de devoir payer plus cher un service tout en devant se satisfaire d’un dégrèvement social (même faible) incitera donc les pauvres à s’appauvrir tout en réclament l’aide de l’Etat, et les riches à s’en passer.

Mais ce ne sont pas les riches qui font peur à l’Etat, car seuls les pauvres, mécontents de leur sort, sont susceptibles de se révolter. Par conséquent, ils ne doivent pas être libres. D’ailleurs, les exemples sont légion pour corroborer cette affirmation : alors que la loi Hadopi (aux dires mêmes de certains « hauts placés ») va « sensibiliser la population » au crime qu’elle est en train de commettre, les riches et les véritables délinquants ne paieront rien ou si peu. Alors que la justice est aussi lente pour défendre le peuple qu’à attaquer les « grands », les petits délinquants passent en comparution immédiate, et les grands payent des amendes moins grandes que les gains permis par leurs délits.

Et en parallèle on apprend que désormais, le préfet pourra garder enfermée une personne que les médecins considèrent guérie, et que les « français précaires » pourront perdre leur nationalité (et leurs droits !) si, par exemple, ils se battent contre la police lors des manifestations…

Les riches amis du roi achètent des journaux, l’AFP arrive sous contrôle de l’Etat, et le service public audiovisuel a déjà été purgé. La démonétisation permet le traçage de toutes les transactions, les lois permettent toutes les écoutes, la technologie la surveillance de tous les instants, en attendant la puce RFID…tout cela sans compter l’éducation qui refait l’histoire, la philosophie qui disparaît. Et pire encore, les OGM qui vont bientôt abolir l’agriculture traditionnelle, et internet qui deviendra notre seul lien vers l’extérieur, ouvert sur les seules images que voudront bien nous laisser voir nos dirigeants, réelles ou pas….

Nos enfants vont devenir des idiots incapables de réfléchir, de se nourrir sans semences transgéniques et de se loger, comme les gros chats domestiques que l’on voit aujourd’hui, incapables d’un quelconque retour à leur état sauvage. Dépendants. Comme aux produits qu’on nous vend pour dormir, maigrir, avoir l’air beau ou heureux. Et tout cela s’organise là-haut, presque en plein jour… sommes-nous déjà les esclaves que nous redoutons de devenir, pour que nous ne soyons pas capables de nous prendre en main ?

Mais si nous sommes trop lâches pour le faire pour notre propre bien, aurions-nous le droit de l’être aussi pour nos enfants ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Organiser-la-dependance.html 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment les Etats-Unis, nous font payer leurs dettes et leur déficit avec la complicité des gouvernement européens 

 

Article du réseau Voltaire. merci.

 

    Attaque contre l’euro et démantèlement de l’Union Européenne
par Jean-Claude Paye*

      Loin d’être l’action de la « main invisible du marché », la crise de  l’euro est le fruit d’une stratégie mûrement préparée par Christina

Rohmer et le Comité des conseillers économiques de la Maison-Blanche. Il s’agit de sauver l’économie étatsunienne en contraignant  les capitaux européens à se réfugier outre-atlantique, et en plaçant à  terme l’économie des Etats de la zone euro sous contrôle US via le FMI et l’Union européenne. Jean-Claude Paye analyse les premières étapes du processus en cours.


 




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Dominique Strauss-Kahn (directeur du FMI), Timothy Geithner (secrétaire US au Trésor), Christine Lagarde (Ministre français de l’Economie) et Elena Salgado (présidente espagnole du Conseil des ministre des Finances européens), discutent du plan de réforme du système financier international (réunion jointe du FMI et de la Banque mondiale, Washington, le 25 avril 2010).
© IMF Staff Photographer/Michael Spilotro

La crise de l’euro résulte d’un choix politique, celui des autorités de l’Union européenne de mettre en gage la monnaie commune, au lieu de restructurer la dette souveraine grecque. Une telle restructuration aurait sauvegardé l’euro, mais aurait mis à contribution les banques, ces dernières perdant une partie de leurs créances dans l’opération. Les institutions financières françaises auraient environ 50 milliards de dette hellénique dans leurs bilans, tandis que 28 milliards seraient détenus par des banques allemandes [1]

Cependant, la sauvegarde de quelques dizaines de milliards d’euros des institutions financières ne justifie pas une telle prise de risque. L’enjeu fondamental, en mettant la pression sur la monnaie commune, est de faire payer la crise aux salariés et ainsi d’effectuer un gigantesque transfert de revenus des ménages vers les entreprises, principalement vers les institutions financières.

Une offensive sous direction étasunienne

La taille du transfert est telle qu’il peut être piloté par les seules institutions européennes, mais conduit par les marchés et leur bras armé, l’administration étasunienne. La crise de l’euro a été déclenchée par l’attaque concentrée des agences de notations étasuniennes Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch contre la dette de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. L’abaissement des notes de ces trois pays par les agences américaines, surtout celle de la Grèce, reléguée dans la catégorie des investissements spéculatifs, est la conséquence d’une action concentrée. L’abaissement des notes fait suite à une série de décisions répétées et très rapprochées. Ces attaques ont été appuyées par l’appareil d’Etat US, notamment les déclarations alarmistes du conseiller économique du président Obama, ancien président de la Réserve fédérale étasunienne, Paul Volker qui a parlé d’une future désintégration de la zone euro. L’attaque contre l’euro apparaît comme un prétexte d’autant plus que « depuis 2004, on savait que les autorités grecques trichaient » [2] et cela sans aucune réaction des agences de notation.

Cette offensive contre l’euro est d’abord une action destinée à ramener aux Etats-Unis les capitaux étrangers nécessaires à la couverture du déficit croissant de la balance financière des USA. C’est un signal d’avertissement à des pays comme la Chine qui avait commencé à rééquilibrer leurs réserves de devises en achetant de l’euro au détriment du dollar. Pour les Etats-Unis, il y a en effet urgence en la matière. Jusqu’en 2009, le financement de leurs déficits et la défense du dollar étaient assurés par un solde positif des flux financiers. Mais, durant cette même année, si le mouvement des capitaux reste positif, il ne parvient plus à compenser les déficits. Le solde devient négatif d’un montant de 398 milliards de dollars [3]. A un niveau purement économique, l’offensive contre l’euro est de la même veine que la lutte contre la fraude fiscale, initiée par le président Obama en 2009 [4]. Il s’agit de ramener les capitaux dans le giron des USA.

Une opération de démantèlement de l’UE

Cette action tactique se double d’une opération stratégique, celle d’un mouvement de démantèlement de l’Union européenne au profit d’une union économique couvrant les deux continents. Le projet de création d’un grand marché transatlantique [5] en est la manifestation la plus visible. C’est en fonction de ce deuxième objectif que l’on peut comprendre l’attitude de l’Allemagne qui, aussi bien au niveau de la lutte contre la fraude fiscale que celui de l’attaque contre l’euro, a fourni un appui à l’offensive étasunienne. Cette double attitude est cohérente avec l’engagement privilégié de cet Etat européen dans la mise en place d’une union économique transatlantique.

L’Union européenne a été construite autour de l’Allemagne et structurée selon ses intérêts. Pays économiquement le plus performant au moment de l’installation du marché commun, il a pu faire jouer pleinement ses avantages économiques comparatifs, sans contrainte politique, sans gouvernement économique, ni transferts importants vers les zones défavorisées. Jusque cette année, la zone euro absorbe les trois quarts des exportations allemandes [6]. L’Allemagne, par les déclarations de ses responsables politiques et de ses banquiers, ainsi que par l’exhibition répétée de ses hésitations, a contribué à l’offensive contre l’euro. Pour elle, les bénéfices de cette action sont immédiats. La baisse de la monnaie commune permet d’augmenter ses exportations hors zone euro. De plus, ce pays peut financer ses propres déficits à meilleur compte. La crise et la fuite vers la qualité qu’elle engendre permet aux obligations allemandes de se placer avec un taux d’intérêt réduit.

Si, à terme, l’Allemagne donne l’impression qu’elle scie la branche sur laquelle elle est assise, c’est qu’elle a décidé de changer de branche et veut s’intégrer dans un ensemble plus large : le grand marché transatlantique. La « construction européenne » est à la croisée des chemins. Jusqu’à présent, elle a permis un développement permanent de l’Allemagne. Ce processus ne peut plus continuer selon les mêmes modalités. L’UE ne peut sortir de la crise sans mettre en place un gouvernement économique gérant une politique économique commune, une harmonisation du développement et, pour cela, assurer des transferts financiers conséquents vers les pays et régions défavorisées. Cette gestion politique est en complète opposition avec le simple Pacte de stabilité promu par l’Allemagne. La politique budgétaire de diminution accélérée des déficits, réimposée au nom de ce pacte, va se faire au détriment du pouvoir d’achat des populations et ne peut se réaliser sans une récession économique. La zone euro ne peut plus être le débouché privilégié des exportations allemandes. L’Allemagne a fait son choix : celui du grand marché transatlantique et du marché mondial.

Une mise sous la tutelle du FMI

Au lieu de restructurer la dette des pays défaillants, l’Europe a mis sur pied deux fonds d’intervention. L’Eurogroupe, formé par les ministres des finances de la zone euro, a développé un mécanisme inédit de 750 milliards d’euros de prêts et de garanties, afin de venir en aide aux pays de la zone euro qui auraient des difficultés à emprunter sur les marchés financiers. Le dispositif prévoit 60 milliards de prêts européens gagés sur le budget de l’Union européenne, 440 milliards d’euros de garanties apportées par les pays membres de la zone euro, ainsi que 250 milliards d’euros de prêt du FMI, soit un total de 750 milliards [7]. Ce dispositif de secours est prévu pour une durée de trois années.

Alors qu’il n’y avait aucune impossibilité financière à assumer l’entièreté du fonds, l’Eurogroupe choisit de se lier les mains avec le FMI, dans lequel les USA ont la majorité des droits de vote. Ce dispositif de servitude volontaire reproduit, en l’amplifiant, le schéma déjà construit pour venir en aide à la Grèce. Ce dernier programme est d’un montant de 110 milliards d’euros, dont 30 en provenance du FMI.

Que signifie la volonté du Conseil européen d’arrimer au FMI la procédure mise en place pour venir en aide aux pays de la zone euro ? Si on regarde les recettes appliquées par cette institution internationale aux pays auxquels il a accordé des prêts, le mode opératoire est immuable : imposer une baisse du salaire direct et indirect, la privatisation des services publics et la suppression des politiques sociales. La politique du FMI a toujours conduit à un appauvrissement important des populations [8].

En cas de dépression ou même de stagnation économique, la « politique de consolidation des dépenses publique » est vouée à l’échec. Les 750 milliards prévus d’aide serviront à rembourser les banques au détriment du pouvoir d’achat du contribuable et ce versement aux institutions financières augmentera d’autant la récession. Ainsi, mise sous tutelle du FMI et création de fonds d’aide aux banques sont deux aspects complémentaires d’une même politique. Il s’agit de procéder à une importante redistribution des revenus en faveur des entreprises financières.

Quel avenir pour l’Union européenne ?

Une telle opération contre les revenus des populations nécessite de neutraliser tout processus de décision au niveau des Etats nationaux, une structure dans laquelle les citoyens gardent quelques moyens de défense et cela au profit des mécanismes de marché, placés complètement hors de portée de toute pression politique. La question est de savoir quel rôle vont jouer les institutions européennes dans ce processus de mise sous dépendance des marchés financiers ?

Une première réponse se trouve dans l’accord selon lequel les budgets des Etats de la zone euro seront mis sous tutelle d’un organisme composé de la Commission, de la Banque centrale européenne et le l’Eurogroupe.

Les pays qui n’arriveront pas à ramener leur dette a moins de 60 % du PIB seront amendés par Bruxelles. Ce texte envisage la possibilité de sanctions même lorsque la limite actuelle de 3 % du PIB, fixée par le Pacte de stabilité, n’est pas encore dépassée. L’idée serait de pouvoir déclencher des procédures, pour déficit excessif, pour les pays dont la dette ne recule pas suffisamment [9]. Ensuite, une modification des traités n’est pas exclue, afin de permettre la suspension des droits de vote lors des réunions ministérielles.

Le modèle allemand, faire inscrire, dans la Constitution, le principe de l’équilibre budgétaire, soutenu également par la France, est appelé à se généraliser. Cela supprimerait toute possibilité, déjà actuellement très faible, d’initiative budgétaire. Les Etats membres seraient, vis-à-vis de l’Union européenne, comme les Etats fédérés étasuniens vis à vis de leur Etat fédéral. Cependant, il ne faut pas se tromper, il ne s’agit pas là d’un renforcement de la construction européenne, mais, au contraire, de la dissolution de toute possibilité d’initiative politique afin de conforter la toute puissance des marchés.

La construction européenne a été imposée par les Etats-Unis qui, après la guerre, en ont fait une condition d’octroi des aides du Plan Marshall [10]. Elle a été réalisée autour de l’Allemagne, dont les intérêts immédiats étaient complémentaires de ceux des USA. L’attaque contre l’euro et l’opération de démantèlement de l’Union européenne résultent aussi d’une offensive lancée par les USA et est également relayée par la première économie de l’ancien continent, ainsi que par les institutions de l’UE. La Commission et le Conseil confirment ainsi leur participation à la décomposition de l’Union et à son intégration dans une nouvelle structure politique et économique transatlantique sous direction US, un rôle déjà joué à travers les négociations des accords sur le transfert des données personnelles des citoyens européens vers les USA [11] et les tractations ayant pour objet la création d’un grand marché regroupant les deux continents. La mise sous la tutelle du FMI de la gouvernance économique européenne représente une étape supplémentaire dans la dissolution de toute capacité d’initiative des pays membres de l’UE et une phase de transition pour leur intégration dans un ensemble transatlantique. L’euro sera maintenu comme une simple coquille vide. La suppression de la monnaie commune ne peut convenir, ni à l’Allemagne, dont le retour à un mark valorisé comme monnaie refuge serait suicidaire pour son économie [12], ni aux Etats-Unis qui n’ont aucun intérêt à étendre la souveraineté de leur monnaie et l’usage des privilèges qui y sont attachés.



 Jean-Claude Paye

Sociologue. Derniers ouvrages publiés : La Fin de l’État de droit, La Dispute 2004 ; Global War on Liberty, Telos Press 2007.

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